Un stage de travail à pied, et un trajet à cheval

Vendredi dernier, on a profité du beau temps et d’un jour non chassé pour rejoindre avec Simbad la troupe de l’écurie Aude Callarec en stage de travail à pied. Un petit groupe de cavalières et de chevaux, une chouette expérience et surtout un poney formidable à l’aller comme au retour, j’avais envie de vous raconter ça un peu plus en détails !

Presque 7 km avant le stage TAP

Et bien oui, avant de rejoindre le stage, nous, on a une petite trotte qu’on fait à cheval, histoire de s’échauffer. Je suis en speed parce que Simbad est tout cochon malgré sa couverture, donc je pars en retard : on s’active donc un peu plus que d’habitude, et surtout je ne passe pas mon temps à prendre 1000 photos. Étrangement on gagne 30 min sur le parcours habituel… Du coup, la prochaine fois, on le fait aussi en trotting hein !

On a même le temps de longer un champ fauché récemment et de bosser un petit galop en équilibre sur le bas-côté. Youhou !

On arrive sous le soleil, et Simbad est complètement trempé avec son poil d’ours et la douceur des températures. Mais on a 30 min pour se poser, le laisser grignoter un bout, et surtout le bouchonner avant le stage. Enfin, essayer. C’est qu’il y a beaucoup d’épaisseur, sur ce petit poney.

Et ça graaaaatte ! Admirez la souplesse, quand même. Et notre équipement de grands voyageurs 😀

Stage TAP : on révise les bases !

Il est l’heure de commencer cet après-midi travail à pied sous la houlette d’Aude Callarec. Nous ne sommes que 5 cavalières, ce qui est top pour profiter des conseils, se motiver, et utiliser tout l’espace de la carrière.

Tout sera articulé autour des bases du travail à pied, celles qui sont nécessaires avant de faire quoi que ce soit d’autres :

  • Immobilité
  • Rappel
  • Reculer
  • Déplacement des épaules
Alors ça l’immobilité, pour Simbad, c’est pas trop un souci…

On laisse son poons au bidon, on demande l’immobilité ; on rejoint la piste et on rappelle. Simbad dort debout, lui tout ce qu’il aime c’est la sieste au soleil. Et puis il a déjà bien mouillé le maillot pendant 1h15 pour venir, alors pfiou ! Il a zéro énergie, comme souvent. Mais il écoute quand même, et il comprend très bien. Petit à petit la distance de rappel augmente. La cadence, jamais, mais il soupire, hausse vaguement les épaules (si si, Simbad sait faire ce genre de choses), se retourne péniblement et vient fourrer son nez dans mon pull. Pour le respect de la bulle on repassera mais ma faiblesse c’est aussi que j’adore quand il vient dormir dans mon pull comme un gros chat. Zéro éducation.

Déplacement des épaules pour retrouver sa place
Rappel pour celles qui ont de l’énergie !
Ah l’immobilité c’est compliqué parfois

Le saucisson fond toujours au soleil, oui. Ou alors il a été empaillé pendant que j’avais le dos tourné ?

On continue sur des essais de reculer, qui est une de nos grosses faiblesses avec Simbad. Le reculer est mou et faudrait pas s’éloigner de plus de 3 pas. Mon geste est flou et j’ai tendance à vouloir en changer quand ça ne fonctionne pas. C’est vraiment un truc à bosser, car ça fait un moment qu’on est bloqué sur ça.

“Hééééé le rappel je connais bien par contre !”

Comme les chevaux sont super et les humaines plutôt à l’aise, on vire les longes et on évolue en liberté et on entame d’autres exercices pour concentrer SON poney. Là ça devient plus coton : il s’agit de demander l’immobilité, avancer jusqu’au bidon suivant où se trouve un autre poney qui doit rester immobile et concentré, et demander le rappel – toujours à SON poney.
Simbad est beaucoup trop intéressé par la jeune qui fille qui vient visiter son bidon, et papillonne pour montrer qu’il est ultra mignon. Pendant ce temps, la jument d’à côté me fait des bisous dans le cou. Bref, c’est un peu la foire, mais très amusant – et révélateur !

Il est temps de faire souffler les chevaux un peu – et les humaines, aussi.

Broutage en liberté pour tout le monde

Après la pause, des exercices ludiques

Chacun son tour pour le dernier exercice !

On passe chacune son tour sur un exercice qui semble plutôt simple… mais qui va toutes nous mettre plus ou moins en difficulté.
Trois bidons sont disposés, assez rapprochés. L’enchaînement est très simple :

  • On immobilise son cheval au bidon 1
  • On va au bidon 2
  • On rappelle son cheval au bidon 2
  • On fait reculer son cheval jusqu’au bidon 1, en restant au 2
  • On va au bidon 3, cheval toujours immobile au 1
  • On rappelle son cheval en lui demandant un slalom entre les bidons

Pour la dernière étape, il s’agit donc de faire avancer son cheval tout en déplaçant ses épaules à distance… sans se déplacer soi. Sinon, c’est de la triche !

Je commence la première, et je suis plutôt contente au final. Les rappels et l’immobilité sont acquis, même si le rappel manque (toujours) d’énergie. Le reculer est timide mais quand même là, c’est pas si mal ! Le déplacement des épaules pose davantage souci mais il cherche. C’est mieux si je bouge pour indiquer évidemment, et je constate le même souci qu’en longe ou en liberté de façon générale : le côté gauche, c’est pas son truc, il fuit à droite dès qu’il peut.

Les explications nécessaires sur le déplacement des épaules, sans bouger !

Mais je suis globalement contente. Certes Simbad fait son gros poney mou, mais il reste attentif à moi, ne profite pas de la présence des chevaux pour faire l’imbécile ou ne rien écouter, et puis on ne débarque pas totalement comme des chevaux sur la soupe pour une fois !

Entre deux passages et exercices, on trotte, on essaye de mettre un peu d’énergie dans les rappels, et forcément ça se déconcentre parfois un peu quand même…

Alerte, cette jeune fille a perdu son poney !
… c’est parce que Simbad est trop mignon, voyons.

J’avoue qu’après 2 petites nuits d’insomnie, un mini-trotting pour venir, et après 2h de stage je suis assez cuite, donc mon énergie à moi est au plus bas. On feinte un peu pour ne pas trop courir. Bravo l’exemple quoi !

“SIMBAD ATTENTION DERRIÈRE TOI !!” – “Bof”
Mais c’est qu’il est en train de perdre son bidon de pré ce poney

Bon je sais qu’il n’a pas l’air de faire grand chose là, mais c’est surtout parce que je n’ai pas de photos de nous en train de bosser hein ! Il a quand même fait quelques trucs, le mignon.

On termine sur des choses positives au final, puisque les bases me semblent acquises, ou en tout cas, comprises : ce qui veut dire qu’il reste à affiner, à être plus précise et plus énergique de mon côté, à obtenir des réponses plus franches et dynamiques du sien ; mais on a pas été trop à la masse.

“Hé nous aussi on sait travailler en liberté totale !” – “Oué Simbad, mais bon on a toute la route à faire pour rentrer…” – “C’est vrai. On s’en va alors ?”

Et on rentre à la maison après le stage TAP

Il y a un truc qui m’amuse toujours quand je rentre de chez Aude : mes chevaux sont toujours au top. Regonflés à bloc. Ça n’a rien à voir avec le cheval qui fonce pour rentrer au bercail, non, c’est juste que Simbad comme Sinji sont bien déliés, réveillés, très à l’écoute, volontaires, et je me régale toujours pour faire le chemin qui nous ramène à la maison.

“Tu m’as déguisé en cheval de bât là non ? Et ma street cred ?”

Simbad n’a pas dérogé à la règle cette fois encore et je me suis éclatée. Je pense qu’on m’a entendu le féliciter pendant les 9,5 km du retour. J’ai eu de très jolis trots aériens, avec rien dans les mains, un poney super équilibré et qui se tient. Un dos qui monte, comme je ne l’ai pas ressenti depuis des mois – avant la grosse pause pour blocage de cet été. Des petites galops sans précipitation, sans nez au sol ou au vent, juste bien quoi. Un peu à bascule parfois mais je crois que c’était la fatigue ! Même s’il me les proposait de lui-même, il était un peu cuit le grumeau.

Il m’a fait une démarrage-galop-j’ai-envie sur un beau chemin, où je l’ai senti pousser à fond, mais sans s’étaler devant : j’en aurais pleuré.

Et tout ça avec ma vieille selle Heritage qui est franchement bof. Mais autant il ne supporte pas la moindre sollicitation sur d’autres, avec celle-là, il me fait de belles choses, part sur le pied demandé, trotte en allongeant… Parfois j’ai du mal à le comprendre, mais bon, c’est lui qui sait !

Et en récompense… Un des plus beaux couchers de soleil de cet automne.

On est pas bien sur les falaises, là ?
On a trotté et galopé pour rattraper le coucher de soleil sur la mer…
Autant vous dire que j’avais une de ces bananes…

On a rattrapé le soleil au moment où il explosait sur l’horizon et la mer, et on s’est fait un petit galop sur le sable. Il faisait presque nuit, déjà… Et Simbad a décidé de poser pour la photo :

CE CANON mes aïeux <3

On est rentré à pied, de nuit, des moments que j’adore. J’aime l’hiver pour la nuit qui tombe vite et les balades à la lampe torche dans la forêt. Où on compte les petits yeux qu’on croise, en essayant de deviner à qui ils appartiennent : un chat, un renard, une fée des bois ?

Bref, c’était une belle journée. Pleine d’apprentissage et de petits bonheurs. On refera d’autres stages, on a beaucoup de choses à apprendre !

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