Équitation : début, arrêt, reprise !

Le 21 mars, cela fera 5 ans ; 5 ans que sur un coup de tête, en retrouvant ma vieille bombe anglaise réchappée des années 80, j’ai décidé de reprendre l’équitation. J’avais arrêté durant 10 ans, et n’avait guère approché un cheval pendant ce temps… Comme beaucoup, les études, la vie citadine, le début de carrière m’ont éloigné de l’équitation, des chevaux, et du sport en général d’ailleurs. Pourtant qu’est-ce que j’aimais ça ! Tout en ayant mes propres peurs, une véritable incompétence en terme d’équitation, et un sévère manque de confiance en moi. Comment ça, ça n’a pas changé ?

Débuter l’équitation…

Les petits chevaux islandais

Ma chance en tant qu’enfant sauvage a été d’être la voisine, depuis toujours, d’une ferme équestre. Outre les chevaux d’endurance, c’est aussi toute une petite troupe de chevaux islandais qui permettaient aux enfants de débuter l’équitation de pleine nature en extérieur, avec des petits chevaux taille poneys aux pieds sûrs et au sacré tempérament.

Mes premiers coups de cœur étaient de l’année des J, et détestaient tourner en rond ; le manège, on ne l’a pas vu souvent… je me souviens juste d’essayer de rester sur la piste, et d’avoir un poney qui coupe le fromage au galop (ou au tölt !) à chaque fois pour rejoindre les copains. C’était pas gagné, cette histoire… Et comme la carrière, ça n’amusait pas non plus notre instructeur, cavalier d’endurance, tous les marmots que nous étions avons fait nos armes dehors.

1992, 7 ans, même pas un regard au photographe, j’ai pas le temps j’ai poney (islandais) !

Je me souviens de fabuleuses cascades, de “c’est le métier qui rentre, à cheval !”, de fâcheuses engueulades et de me péter la margoulette à peu près une fois sur trois. Dans ma mémoire, c’était assez sportif… Suffisamment pour qu’on en redemande, et que derrière “les grands”, on retienne nos poneys autant qu’on le pouvait pour les lâcher ensuite pleine balle en rattrapant les copains. Les petits couillons !

1994 : toujours amoureuse de ces fabuleux islandais de Keropartz
Et à 30 ans, j’adore toujours monter à dos d’islandais !

Gamelles, prudence, et avancées

Des chutes m’ont marquées plus que d’autres, dont un bête accident de sangle qui m’a valu 48h dans les vapes. De mémoire (c’est un peu flou !), la semaine suivante, je quittais les poneys pour monter en grade avec un double poney… J’ai 10 ans, après tout !

1995 : toujours dernière de la file, hein !

Ce “double poney”, premier petit cheval, m’a lui particulièrement marqué. Je me souviens de sa petite tête et de sa couleur lumineuse, de sa liste et de ses crins noirs. De sa vilaine manie de sauter les talus plutôt que de grimper dessus… d’une non-chute mémorable où je me suis retrouvée accrochée à son encolure. De ses cabrioles quand son meilleur copain faisait l’imbécile. Et du bruit que faisait son harnachement quand on galopait, qui battait la mesure alors que dans ma tête résonnait la chevauchées des Walkyries.

Oui, carrément. Ce petit cheval fait véritablement partie de mes meilleurs souvenirs de cavalière.

J’ai un faible pour les chevaux, je le sais, mais je ne me souviens pas d’être particulièrement à l’aise avec eux. C’est peut-être ma mémoire qui me joue des tours, je suis sûre de les avoir adoré, mais aussi de les avoir craint. Ceux que je ne connais pas, qui ne font pas partie de mes habitudes et de mon univers, je m’en méfie. Toute ma posture le crie !

1996, rencontre avec les petits New Forest sauvages… je suis très curieuse, mais aussi prête à déguerpir !

De l’extérieur aux bacs à sable

Ma vie de jeune cavalière va être chahutée par un changement de club, je vais voir ailleurs, et je n’y trouve pas ma place. Je ne suis pas certaine de savoir exactement quel est le souci à l’époque, mais je ne m’y sens pas bien. Les chevaux sont majoritairement en box, même si ceux si sont bien entretenus, vastes et bien éclairés ; on ne fait cours que dans le manège sombre, autour d’un instructeur sévère. Mon niveau est catastrophique, il faut que “je réapprenne tout”, j’ai du mal à comprendre à mon âge.

Je change encore, c’est mieux, j’apprends, mais quelque chose ne me va toujours pas. Je n’ai pas conscience qu’il faut que j’apprenne à me tenir à cheval, peut-être ; être dehors à cheval, affronter les saisons, galoper vent du cul dans la plaine… tout ça doit me manquer.

L’adolescence approche et je lâche prise, comme beaucoup. J’ai loupé mon virage de cavalière, et comme beaucoup je suis descendue en marche.

10 ans sans équitation, et sans chevaux

Je suis ado, étudiante, jeune active, je bourlingue. Six villes en neuf ans, autant de déménagements où je m’épluche et ne garde que l’essentiel. J’enfouis, je n’y pense plus, ni à l’équitation ni aux chevaux, que je n’ai pas le loisirs d’approcher. Quatre ans à Paris, enfermée, à tourner en rond. Quelque chose me manque, mais je ne sais pas vraiment dire quoi. Il parait que j’en parle, pourtant ! Régulièrement. Mais ça ne fait rien résonner. J’envisage de passer à un club en ville, juste histoire de – mais je sais déjà que ça ne va pas me plaire. Je n’ose pas, non plus.

La reprise

Un parcours un peu chaotique me ramène géographiquement là où tout a commencé, et il ne me faut que quelques mois pour chausser mes bottes et aller toquer à la porte de la ferme équestre. Il y a toujours des chevaux d’endurance, et toujours des islandais ! Je ressors ma bombe style années 80 chez les rosbifs, sans honte, et le 21 mars 2013 (c’est précis !) je reprends enfin l’équitation.

Une antiquité pour l’ancêtre !

Ce qui n’a rien de simple. Toutes les semaines, j’ai le trac… le ventre noué, l’angoisse qui monte. Une fois sur place, ça va mieux, mais aller chercher les chevaux au pré reste un moment délicat. Une fois en selle je n’y pense plus.

On alterne entre cours sur le plat et balades, et ça me va parfaitement : je peux m’aérer, profiter des chevaux et de l’extérieur, mais aussi bosser cette “équitation” qui finalement, m’a toujours échappé. Je reprends confiance petit à petit, et je profite. À fond !

 

Ça n’aura pas toujours été simple, j’ai eu mon joli lot de doutes, de moments “à quoi bon”, et d’interludes “je suis une patate”.

La suite vous la connaissez : j’ai adopté MA patate un an après ma reprise, Thibaut s’est laissé prendre au jeu, Sinji a déboulé dans nos vies… et depuis j’ai appris 1000 choses dont je ne me serais jamais doutée en tant que cavalière de club ! Travail à pied, cours particuliers, stages, éducations, petits bobos & arthrose, la vie de propriétaire est riche d’enseignements… et de péripéties.

Aujourd’hui j’ose davantage aller vers des chevaux inconnus, je n’ai plus le trac avant de monter mais au contraire, je ronge mon frein quand je ne suis pas en selle ou à côté de mon cheval, et mon sale caractère me pousse à en vouloir toujours plus, à savoir toujours plus. Comme si au fond, j’avais ces 10 années sans équitation à rattraper…

Et vous, avez-vous “repris” ?

2 Comments

  1. Oh oui, j’ai repris! Et j’ai retrouvé ma petite J. préférée, même si au tout début c’était pas vraiment l’amour fou entre nous.
    Je le retrouve un peu dans ton parcours, même si je n’ai pas commencé avec l’extérieur (ça devait être trop bien!). Et les années d’études qui nous éloignent des chevaux (même si quand j’étais à Paris je rentrais tous les 15 jours chez mes parents pour monter à cheval).
    Et alors tu n’as pas craqué pour un islandais finalement? Juste un nordique et un iRlandais 😀

    • musards

      J. était une jument de ton club au départ ?
      L’extérieur pour les gamins c’est super. Mais je pense que c’est mieux, pour la position, de faire moitié moitié entre extérieur et plat.
      Pas d’islandais pour moi… mais le norvégien c’est pas mal aussi de toute façon !

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