Travail à pied & monté : un stage avec Lañs Nevez

Je crois au déclic et à la bonne personne au bon moment. Depuis que j’ai mes chevaux, c’est peut-être la chose la plus importante qu’ils m’aient appris, d’ailleurs : rester ouverte aux opportunités, à une autre vision, à un autre discours. Et grâce à eux, j’ai aussi pu rencontrer des gens qui m’ont apporté quelque chose, dans tous les domaines. Début décembre, c’est Lañs Nevez, incarné par Mikaël Le Cam, qui est venu nous voir et faire le point pour un stage équitation – et un peu plus que ça. Il est arrivé au bon moment, celui où j’ai besoin de franchir une étape, parce que Simbad le demande aussi.

J’avais imaginé vous raconter un peu par le menu comment la journée s’est déroulée, mais finalement… gardons un peu de mystère ! Je vais plutôt me concentrer sur ce que j’ai appris, réalisé, interprété, digéré… presque 2 mois après la venue de Lañs Nevez.

C’est parti pour le travail à pied !

Malaxer son poney !

J’aime beaucoup faire des séances massage à mes chevaux, et je trouve que Simbad y réagit de mieux en mieux : on en profiter pour relâcher les muscles, gratter là où ça fait du bien, et s’étirer les antérieurs et les postérieurs. Mais c’est quelque chose que je faisais à part, pas avant certaines séances, qu’elles soient à pied ou monté. Mikaël me montre quelques mouvements simples pour aider le poney à bien s’étirer, notamment l’avant-main. C’est vrai que Simbad est assez paquebot dans son genre… Déplacer les épaules, étirer les antérieurs, devrait l’aider !

Déplacer les épaules à pied

On part donc sur le déplacement des épaules. Ça pourrait aussi éviter que Simbad me marche sur les pieds, avec sa manie de se coller à moi. Il me le fait souvent en liberté, quand on s’arrête, il met son épaule contre la mienne… c’est un peu mignon, d’être sa béquille, mais sur certains chemins c’est un coup à finir les fesses dans la boue.

“Non mais fais-moi un câlin plutôt !”
Ah oui quand c’est Mikäel on se méfie un peu plus forcément !

Pour mieux s’aider, on va essayer de bosser autour d’un plot, puis d’un bloc. Le déclic se fait lorsque je galère un peu à avoir un déplacement franc, Mikaël me dit : “regarde ton poney !” – Ah bah oui tout de suite ça marche mieux.

Chacun son espace, déso Simbad !
Je ne veux pas dire mais Mikaël m’a encore chipé mon poney…

Depuis, le déplacement des épaules à pied est quelque chose que l’on travaille régulièrement, ça fait du bien ! Simbad a pigé en deux mouvements et on débute, grâce à Aude notre prof qui nous supporte pour un cours particulier hebdomadaire, les voltés. On va y arriver !

En attendant, visez ce joli départ à partir de l’épaule à 0:17 il y a quelques jours :

Et en liberté, s’il vous plait !

Je le trouve plus mobile de l’avant-main, moins crispé façon tank, plus à l’aise. Depuis quelques jours l’arthrose a finit par le faire souffrir (avec l’hiver qu’on a eu…) donc on repart en cure et ça ira mieux d’ici peu, mais en attendant juste avant ça il a été d’une forme olympique, et m’a sorti de très belles allures que je ne lui avais jamais vu ! De façon générale ça se voit, il est plus à l’aise, et du coup nettement plus joueur – même quand la carrière glisse un peu.

Ce jour-là il m’aura quand même tout fait… tout seul : il se fait les barres au sol pour rigoler, décide de sauter les obstacles même quand ceux-ci sont à terre (deux fois)… et sans oublier deux superbes changements de pied au galop au-dessus des barres ! Imaginez ma tête.

Et en selle, ça se passe comment ?

Bon ce n’est pas le tout mais on se gèle sévèrement en ce 6 décembre, donc, en selle ! Mikaël veut voir comment ça se passe. Et bah, c’est dur… trèèès dur.

Et bah ce n’est pas franchement esthétique tout ça

Mikaël me suggère la seule chose intelligente à faire : enlever mes pieds des étriers.

Ah oui ça me parait mieux tout à coup

Je grogne pas mal parce que je me sens assez misérable en selle, donc je me fais gentiment enguirlander forcément. Confiance en moi zéro, bon, ça on le savait.

Simbad bosse tout seul pendant ce temps-là, vu que la patate sur son dos fait grise mine (contre elle-même)

Je fais une mini détente médiocre, je n’arrive pas à mettre les mots sur ce que je ressens, bref je suis toute bloquée. Et fâchée, comme souvent, contre moi-même. Donc Mikaël fait la seule chose à faire…

Mais Lañs Nevez m’a encore chipé mon poney !!

Puisque Simbad a super bien réussi les déplacements d’épaule à pied, il les lui explique en selle.

Mais ils s’éclatent en plus !

Ensuite c’est à mon tour d’essayer… je suis un peu confuse…

“Mais pourquoi j’y arrive à droite et pas à gauche ?” (parce que tu es tordue ma fille)

Si ce jour-là, j’ai compris quelque chose, c’est en le faisant et refaisant à nouveau seule que j’ai commencé à le ressentir, et à mieux le gérer. Avec les félicitations sur l’utilisation de ma rêne d’appui au cours particulier suivant le stage (j’étais fière, vous pensez bien !).

Simbad était en plus léger (je trouve !) côté bouche en général (pas besoin d’en faire 10 tonnes, il pige vite et ne s’appuie jamais sur son mors, ce qui me change de Sinji…), ces mouvements font désormais partie de notre répertoire durant nos petites séances en solo.

Et depuis, en selle ?

C’est dur… en selle. Mais à cru, c’est nettement mieux…

Depuis quelques temps je ne trouve plus mon compte avec ma dernière selle (et ça me rend dingue ! tant de galères) : elle est parfaitement adaptée à Simbad, mais moi elle semble me faire une descente de jambe atroce et me met le bassin en antéversion. Du coup, en attendant que ça aille mieux (en allant chez l’ostéo pour la cavalière, par exemple…), j’utilise mon tapis Barefoot pour travailler sur le plat.

Et jusqu’ici je n’y vois que des avantages : mon assiette est meilleure, mes jambes tombent mieux, mes épaules partent moins en avant et du coup mes mains sont moins accrochées à la bouche. Simbad lui me semble plus détendu, il s’étend 10 fois mieux, est plus coopératif. À confirmer, et puis ce n’est pas la solution idéale, mais zut, pour l’instant je n’ai plus envie de me prendre la tête.

Il a l’air content lui aussi comme ça !

Alors, on en refera, des stages avec Lañs Nevez ?

Plutôt deux fois qu’une !

Parce que Mikaël vient sans a priori, parce qu’il regarde le cheval dans son ensemble, parce qu’il aime profondément ces bestioles et s’intéresse à leur caractère propre, ainsi qu’au couple cheval-cavalier, qu’il ne vient pas avec des solutions toutes faites et nous fait totalement participer et être acteur & actrice de la progression… Ces quelques heures ont été riches d’enseignement, mais surtout, elles nous ont permis de continuer et de progresser par nous-mêmes.

Je retiens quelque chose de très important que m’a dit Mikaël après avoir monté Simbad : “C’est un bosseur ton poney.” Ça peut faire sourire quand on connait la tête de grumpy de Simbad au boulot, mais oui : il pige en un instant, et refait à volonté ensuite. Il n’aime rien tant qu’apprendre – tant que ça reste ludique. Il aime être complimenté.

Maintenant à moi de retrousser mes manches et de lui proposer des choses intéressantes ! C’est un sacré défi – mais ce poney, depuis son arrivée, est un challenge quotidien. Pas comme des chevaux plus démonstratifs, plus sensibles, qui extériorisent… lui au contraire, il faut le faire sortir de sa coquille, écouter ses discrètes remarques et rechercher la coopération.

Alors on joue :

On refera aussi puisque Sinji n’a pas pu participer avec Thibaut, vu qu’un abcès le faisait souffrir. Mais je serais très curieuse d’avoir son avis sur ces deux grands sensibles !

Et puis Simbad s’est fait un super pote.

Un grand merci à nouveau Mikaël pour ta gentillesse et ta disponibilité !

Pour contacter Lañs Nevez, suivez sa page Facebook ! Il est basé à Québriac en Ille-et-Vilaine, et se déplace pas mal aussi.

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