Une journée de stage : cross poney, cross !

Après la matinée en stage d’equifeel & Xtreme race aux écuries de Rosland, on enchaîne l’après-midi avec un stage cross ! Bouclez vos ceintures, on est pas là pour rigoler. Ah si en fait… Bon, bref, un petit cheval en forme, des troncs d’arbres, des contre-hauts et des contre-bas, des cascades, on y va… c’est le cross poney de tous les dangers !

Mais qui est cette patate qui m’embarque ?

Il fait très très chaud ce jour-là : juillet dans toute sa splendeur, pas un poil d’ombre, et en plus j’ai oublié ma crème solaire. On a profité d’une petite heure de pause : les humains ont grignoté leur salade, et les chevaux ont retrouvé leur petit paddock temporaire. Simbad ne s’est pas franchement foulé le matin, mais c’est l’heure de la sieste : quand je l’équipe à nouveau je ne m’attends pas à ce qu’il soit un foudre de guerre. Mais quand même, je surveille : le terrain en herbe est beau, il y a plein de jolis chevaux qui ont du jus, et l’endroit est un peu moins inconnu… ça pourrait tenter le diable qui se perche parfois sur son épaule (droite).

Instant de fou-rire quand Simbad commence à agiter ses petites pattes : c’est la première fois que je l’équipe de protections. Tout le monde pouffe, ça y est, les clowns-touristes entrent en piste…

On commence par une simple détente sur le parcours de cross, et là… c’est le drame… il a la frite, l’animal. Il est dodu comme une saucisse, et comme Fabienne m’a fait raccourcir mes étriers de 2 trous, c’est le drame x2 : je me retrouve avec la selle sur le garrot, les mains dans les oreilles, embarquée comme un fétu de paille à la poursuite de notre demi-groupe. L’affaire cross poney commence bien : on se montre clairement tout à notre avantage !

Mais Simbaaaaad kestufouuuuu
“Allez on rouuuuuuule !” – Simbad gné arrête tes connneries screugneugneu.

Admirez la position toute en finesse. (Depuis j’ai changé de sangle, ça aide… et puis surtout, il a mincit !)

Pendant ce temps-là, Sinji observe depuis la carrière et et j’entends Thibaut rigoler en mitraillant derrière les herbes hautes. Planqué va.

Photo-reporter de toutes nos meilleures looses <3

Cross poney, ok, les pneus, c’est pas mieux

Bon, on arrête les conneries : Simbad a jeté tout son feu pendant les 5 min de détente, il est maintenant à peu près cuit – autant que moi sous ce soleil de plomb. Avec le gilet bien encombrant en plus, je me sens au top pour attaquer les difficultés principales : les obstaaaacles. Le truc rigolo, c’est qu’il y a des troncs, oui, mais il y a aussi des obstacles en pneus. Et alors les pneus, depuis ce matin, Simbad me dit clairement que ce n’est pas du tout son truc. Nous voilà lancés comme des truffes sur le parcours de cross pour passer quelques obstacles en individuels, et là pif, le fail : le refus.

Simbad.

Refuse.

Un obstacle.

5 fois !!

Le truc complètement inédit, et légèrement vexant.

“Nan j’y vais pas, ça fout les miquettes !” – “Fuuuuuuuu !”

À force d’encouragements et avec l’aide de Fabienne judicieusement placée dans le coin, on finit par passer ce monstrueux et gigantesque obstacle de pneus sauvages. Ce sera nettement plus simple ensuite.

Mais il peut voler, ce poney, quand il veut !
“Regarde je sais passer les pneuuuuuus !” – C’est bien Doudouuuu !

Les pneus ok – et le saut de troncs ?

J’ai vraiment un souci sur le saut en tant que cavalière : je ne me pose absolument jamais de questions en extérieur, que ce soit pour les allures ou pour sauter un tronc, une branche, je ne me demande même pas à quelle hauteur est l’obstacle. Enfin je ne passe rien de déraisonnable non plus, je connais mes limites, mais j’y vais. Par contre un obstacle posé dans une carrière ou un pré, là mon cerveau fume un peu plus et parfois mes jambes tremblotent pas mal aussi.

La conséquence d’une vilaine chute qui m’a un peu marqué il y a quelques temps en cours, peut-être. J’ai passé l’étape “non sauter ça ne me tente pas”, mais il y a quelque chose qui reste quand même. Et évidemment Simbad le sent.

Heureusement j’ai un petit poney courageux, qui lui aime bien sauter et donc m’emmène généralement sans se poser de questions. Sauf sur les pneus, ok. Mais sur le reste, il ne m’a jamais planté, ou refusé, ou passé à côté. Une crème, je vous dis. Un petit flan moelleux à la crème vanille, même.

Mais là aux écuries de Rosland, pfiou, ils sont gros ces troncs quand même ! Pas hauts du tout, mais larges – et ça les obstacles larges on ne connait pas. Alors je me pose des questions. Et comme à son habitude, Simbad essaye de me sauver. À sa façon. Ce qui donne quelque chose de… euh… très peu académique. Mais de très révélateur de son état d’esprit aussi.

Je l’ai transformé en gif grâce aux photos de Pauline… pour la postérité !

Patatras.

À nouveau, cet échec est totalement de ma faute : je suis arrivée avec plein de points d’interrogations devant le tronc, moyennement motivée, et lui s’est retrouvé seul devant une difficulté qui n’était pas petite. Si le résultat en images est ridicule, je trouve que ça montre à quel point ce poney est généreux et courageux. Il a voulu passer l’obstacle coûte que coûte, mais il était seul devant, c’était large, alors il a fait ce qu’il savait faire de mieux : grimper dessus.

Ça m’a fait râler, mais c’était purement mon erreur.

À noter que je ne me suis même pas gaufrée, parce qu’il a été suffisamment sympa pour ne pas baisser le nez ! Donc j’ai pu re-sauter en selle en arrière tout de suite, et on est reparti tranquille vers de nouvelles aventures.

Je pense que filmé avec le son ça aurait été très drôle, parce que je crois me rappeler qu’il y a eu quelques inspirations inquiètes parmi mes co-stagiaires… !

Tout ça était un peu trop gros pour nous, alors on a retenté le tronc avec à nouveau l’aide de Fabienne, on l’a passé gentiment, et on est resté là-dessus !

“Mais c’est grooooos !” – Je sais ! Courage Simbad !!

Contre-hauts, contre-bas : le cross préféré de Simbad

Pendant que nos co-stagiaires continuent à briller sur les obstacles, nous on se range sagement sur le côté. Simbad est cuit, il a tout donné et son gras le gêne en plus de se traîner son boulet de cavalière, donc on fait ce qu’on préfère : grimper ! Il y a un chouette petit dispositif de contre-hauts / contre-bas à passer, du coup on le fait dans tous les sens.

Motivée la patate, youhou !

En évitant de se prendre les pattes dans les embûches, hein !

Lève-moi ces pattounes, champion !

Ce n’est pas toujours si simple, un contre-bas ! Ça se réfléchit.

“J’ai le vertige !!” – C’est fini ces simagrées ?

On le passe au pas, au trot, et puis on termine tranquillement là-dessus avec le sourire.

Stage cross avec Simbad : le bilan

Difficile de faire un bilan sur une session où l’on a pas franchement brillé, mais ce stage avec Fabienne m’a quand même énormément apporté. Nous n’étions pas du tout au niveau des autres, il me manque toutes les bases, mais on a pris du plaisir, on a découvert de nouvelles choses et on a appris ensemble : l’objectif est plus qu’atteint !

On a aussi pu voir de nouvelles choses qui clairement ont dérouté Simbad, des situations qui sortaient de l’ordinaire pour nous et qui lui fait bouger le gras comme les neurones ! Mais positivement, car s’il a été parfois réticent à y aller, ça n’a jamais été de la mauvaise volonté, bien au contraire. Un peu d’inquiétude, quelques questions & doutes, mais globalement, j’ai eu un petit poney intéressé, curieux, et toujours très sympa.

Super-patate !

J’en retire énormément d’enseignements :

  • Même un poney courageux a besoin d’être aidé, guidé ! Au boulot, l’humaine
  • Ma position est à revoir intégralement
  • Mes actions de mains sont trop dures, trop directes
  • Les bases sont à bosser : des transitions propres, de la réactivité, et puis galoper sur le bon pied ça aiderait aussi…
  • Descends-moi ces talons bon sang !
  • Et arrête de monter long, on est pas chez les cowboys.

Et du positif avec Simbad :

  • Au taquet le poney sur la détente
  • Il m’aura sorti un rythme correct sur le galop, même s’il a eu des moments patates, et il était super bien dans ses pieds
  • Il a été très respectueux sur le terrain, pas excité plus que ça par les autres chevaux, et à l’écoute (faut dire que je braille fort)

Je pense qu’on a fait rigoler tout le monde, qu’on a été à la hauteur de notre réputation de clowns, et qu’on ne s’est pas pris au sérieux – tant mieux, parce qu’on en a pas franchement les moyens.

Je vous vois toutes rigoler là !!!

Y’a pas à dire, il faut qu’on bosse, on est vraiment niveau -12, mais on s’amuse. On a cessé de se battre (même si on grogne beaucoup) pour faire des choses qui ne sont pas à notre portée, on recommence tout de zéro, différemment. Ça me motive à apprendre plus de choses, à me remettre en question. Les photos ne sont que rarement sympa pour l’égo, mais elles sont nécessaires.

Et tout ça reste un excellent souvenir. C’est sûr, si Fabienne veut encore bien supporter nos bêtises, on y retournera !

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