2016-2017 : pas après pas, marche après marche

Il s’en est passé des choses, en une petite année ! Simbad a vécu des hauts et des bas, et moi j’ai fait quelques montagnes russes avec lui. C’est encore une période où j’ai énormément appris, sur le tas, et un peu à la dure, des moments compliqués où j’ai fait une croix sur l’équitation avec ce poney. Finalement, j’en retire énormément de choses, et des bonnes… malgré tout.

Deux images valent mieux que mille mots

Voici Simbad en 2016, en juin. Le moral n’allait plus, il commençait à se creuser, et passait son temps le nez à terre, sans envie.

Voici Simbad hier.

Il a une présence. Il n’a plus l’encolure rentrée dans les épaules, l’air abattu, il ne se traîne plus, ne se creuse plus. Il est bien campé, bien redressé, il écoute, s’exprime. Il a une fierté que je ne lui avais jamais vu.

Qu’est-ce qui a changé ?

Durant l’été 2016, il me faisait un espèce de coup de sang, enchaînait sur une boiterie, et on allait (enfin) découvrir la raison de son état : l’arthrose. J’ai raconté les étapes, les déboires, les passages à vide. Et le soulagement d’avoir enfin un diagnostic.

Étape 1 : traiter l’arthrose

Simbad a eu une mésothérapie en août 2016 ; il n’y a pas eu besoin d’en refaire une, ce qui était une super nouvelle. Suite à cela j’ai commencé un traitement à base de chondroprotecteurs, le Reverdy Flexy. Certains le donnent en cure de trois semaines, pour ma part, dès que les journées deviennent humides et fraîches, il a une demi-mesure dans sa ration. Il est également couvert dès que les pluies deviennent froides.

Poney content d’être couvert avec son imper Bucas ! (oui c’est un poney de luxe)

En mars dernier, la vétérinaire spécialiste locomoteur est venue le voir (ainsi que Sinji), et était très contente de son évolution. Pour booster sa remise en forme, Simbad a eu une cure à base de spiruline, histoire d’aider au développement de ses muscles, surtout au niveau dorsal. Ça a parfaitement fonctionné ! (ne reste plus qu’à muscler les abdos maintenant, mais ça, c’est une autre histoire…)

Étape 2 : le remettre sur pied

Simbad a passé un hiver difficile l’année dernière, pour diverses raisons qui ont fait que je n’ai pas pu le veiller à la maison comme j’en avais l’habitude. Sans couverture ni complément adapté, il a fondu, et est sorti de là épuisé. Il a fallu plus de deux mois pour le retaper ; au bout de trois, on commençait à avoir quelque chose. Durant ce temps, l’idée de le monter était difficile. Je ne pouvais pas toujours m’en empêcher, et on a fait pas mal de petits tours qui ont contribué à son moral, je pense ; mais au printemps, ne voyant pas d’amélioration réelle même s’il reprenait du poids, j’ai vraiment pensé à tout arrêter.

Étape 3 : changer de matériel

Pourtant, c’est avec ce poney que j’ai toujours envie d’aller me balader, explorer, musarder. Alors j’ai voulu nous laisser une dernière chance. Et pour ça, il était clair qu’il fallait changer de selle. La précédente était plutôt adaptée, mais mal construite, et le gênait quelque part. J’avais un poney tout retapé, mais qui ne voulait absolument pas galoper, et cherchait à s’étirer régulièrement.

J’ai donc fait appel à une nouvelle saddle fitter, Lucie Delamare pour les breton·ne·s si ça vous intéresse – je la recommande ! C’est elle qui a enfin compris ce qui clochait avec mes essais de selle. Simbad a beau être un petit poney fjord, il n’a pas le type poney mais plutôt petit cheval, avec un vrai garrot qui ressort. Finalement ce n’était pas l’arcade le souci…

On s’offre donc, au grand désarroi de mon banquier, une selle Thorowgood T8 haut garrot. C’est un peu l’étape de la dernière chance… et ça fonctionne. Mon poney galope à nouveau, il saute, il ne se pose plus de questions.

YOLO

Étape 4 : une super ostéo

En août, Simbad se casse la binette en rentrant à la maison – une chute toute bête, il tricote devant en repartant au trot, et s’écroule sur les antérieurs puis les postérieurs. Je reste sur son dos, pas de bobo pour moi, mais lui a un genou bien amoché ! On soigne ça au miel et tout revient dans l’ordre, mais en repartant en balade je le trouve déséquilibré d’un côté ; lui qui ne dit jamais rien quand je change de diagonal au trot essaye de m’empêcher de trotter sur le gauche. Je fais appel à une nouvelle ostéo, Audrey Le Saint (secteur de Brest pour les intéressé·e·s !) qui vient voir Simbad et puis aussi Sinji, tant qu’à faire.

Sinji n’a pas de blocages particuliers, mais Simbad lui est complètement coincé. Du côté de sa gauche, bien sûr, mais il a aussi le sacrum sacrément bien bloqué, et des cervicales que l’ostéo va mettre un bon moment à faire passer ! Si mon ostéo précédente préférait ne pas trop manipuler les chevaux arthrosés, elle n’hésite pas, il est modelé de tous les côtés et elle passe un long moment à l’étirer, le plier dans tous les sens.

“Tu vas la passer cette vertèbre ?” – “Niiiiiooooon !”

Pour un cheval arthrosé du dos, elle lui trouve plutôt une bonne mobilité ; Sinji aussi d’ailleurs. Me voilà rassurée, et tandis que Simbad récupère dans un coin du pré, moi, j’ai le cœur un peu plus léger.

Étape 5 : une grosse remise en question de la cavalière

Parfois, on nous répète quelque chose, mais ça n’imprime pas. Et puis quelqu’un arrive, le dit différemment, et ça prend soudain tous son sens. Pour moi, le souci principal était qu’après tous ces mois compliqués, à voir Simbad mal en point, ronchon, triste ou affrontant la douleur, je n’arrivais pas du tout à chasser cette image de ma tête une fois en selle. Du coup, je demandais peu, et surtout mal.

Il y a eu plusieurs étapes dans ma re-découverte de l’équitation avec Simbad :

  • Des conseils avisés, et personnalisés, donnés avec bienveillance et fermeté : la prise en charge de Simbad au travail nous a mené sur le bon chemin. Même si je n’ai pas tout compris, dès les premières séances, quelque chose a commencé à se dessiner. Et c’était enfin “compréhensible”, matérialisé, pour moi qui ait besoin de savoir non seulement ce qu’on doit faire, mais aussi comment, et pourquoi.
  • La recherche de l’équilibre : j’ai toujours poussé Simbad à fond, car j’étais habituée à ça. Sans vitesse, il retombait en permanence à l’allure inférieure. Je l’ai porté, et au-delà de le porter en permanence, je l’ai poussé sans cesse en comptant sur la vitesse. Et puis j’ai lu un conseil tout bête, qui disait en substance : “Il retombe dans l’allure inférieure ? Ce n’est pas ton problème. Toi, tu as donné un contrat d’allure et de direction. S’il retombe, stick, en avant, et on repart.” On me l’avait dit des dizaines de fois, mais différemment ; je ne comprenais pourtant pas comment il était possible de le faire, puisque si je cessais de le porter il retombait. J’avais juste pris le problème dans le mauvais sens, comme beaucoup. Alors j’ai cessé de le porter. Et en cessant de le porter, j’ai cessé d’agiter mes jambes, de me pencher en avant, de voir mes épaules finir dans ma cage thoracique. J’ai remis en avant avec une pression des jambes et un coup de stick. Depuis, je n’en ai que rarement besoin.
  • De la lecture. Pas des manuels d’équitation, qui n’expliquent pas, mais des vrais bons bouquins de maîtres en la matière. Pas des bouquins de “comment faire ci ou ça”, mais de la théorie très générale. Je pioche, par ci et par là, ce qui m’intéresse, me parle. J’adapte. Je ne cherche pas à tout comprendre, il y a des choses qui ne sont pas de mon niveau. Mais “j’écoute” parler les maîtres entre les lignes. Je ne suis pas toujours d’accord mais ça m’interroge.
  • Ma position ! C’est l’effet principal de la lecture. J’ai cessé de me dire que “c’était parce que poney a de l’arthrose, et est petit, et puis n’a pas beaucoup d’envie, et tourne comme un paquebot, et…” – j’avais tendance à mettre tout sur le dos de Simbad, même si je me sermonnais également sur ma position. Mais j’ai fait une balade où j’ai totalement lâché prise, sans me préoccuper de Simbad, en me concentrant uniquement sur la justesse de ma position et de mes mains. Et s’il y a encore beaucoup à redire, cette balade a été géniale. J’ai eu un poney léger comme je ne l’avais jamais eu, stable, avec beaucoup plus d’équilibre, qui s’est porté tout le long. Pendant 2h, sur tous les terrains, à toutes les allures. La claque. Il n’attendait que ça : que moi, je me remette en question. Je ne le faisais pas, encore une fois, en prenant le problème par le bon bout.
Y’a un peu plus d’énergie dans ce joli poney !

Et maintenant ?

Maintenant, je le gêne un petit moins, je m’agite moins, je parasite moins et Simbad devient doucement plus réactif, plus précis. On est encore loin de la vraie justesse, et très loin d’effleurer un niveau de travail sur le plat correct – et on y arrivera pas seuls ! -mais je suis fière de lui. Terriblement fière, comme d’habitude ! Mais chaque jour un peu plus.

Bien sûr, il y a, et il y aura, des hauts et des bas. Mais je ne le cache plus. Je n’ai plus honte de mon poney tout petit, avec pas beaucoup d’envie, pas beaucoup de charisme. Il était simplement mal dans ses sabots. Et je culpabilise beaucoup d’avoir eu honte de lui, bon sang ! Mais ça fait partie de notre histoire, et il n’y a pas à le cacher. Je suis heureuse et reconnaissante d’avoir trouvé les bonnes personnes pour nous entourer et nous guider doucement sur la bonne voie.

Plus de trois ans ensemble et on en découvre tous les jours. Une chose est certaine : l’aventure est loin d’être finie !

4 Comments

    • musards

      C’est le modeste but de ce petit blog que j’oublie souvent de mettre à jour : partager les bons moments, mais aussi les mauvais, ceux où on se plante et ceux où on doute, parce que ça arrive. Et que ce n’est pas grave, tant qu’on se remet en question, tant qu’on trouve une solution, tant qu’on s’entoure des meilleures personnes de bons conseils.
      J’espère qu’on est sur la bonne voie oui ! On a plein plein de choses à faire pour s’améliorer, surtout moi, mais on y travaille 🙂

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