Une pierre, deux coups au moral

Je n’ai plus écrit ici depuis longtemps, parce que cette année 2017 nous a secoué plus qu’on ne l’aurait imaginé. Des galères, tous les propriétaires en connaissent ; les nôtres, au regard de ce que certains peuvent vivre, n’ont rien eu d’irrémédiable. Elles ont chamboulé nos habitudes, pourtant.

L’hiver a été difficile pour Simbad. Son arthrose se ressent à chaque pluie, à chaque coup de froid. Il n’est désormais plus possible de le laisser vivre “à la rustique” : la couverture est désormais obligatoire, et la ration conséquente dès que l’humidité s’installe. Le complément que je lui donne, bourré de chondroprotecteurs, fait bien effet jusqu’ici, tant qu’il est donné régulièrement toute la mauvaise saison. Cette difficulté, c’est pourtant un mal pour un bien : cela nous a permis de découvrir une chouette pension, de remettre Simbad au boulot avec de l’aide, et de découvrir de nouveaux horizons.

Simbad aujourd’hui, a retrouvé une jolie ligne et un bon dos. Ne manque plus qu’à bosser les abdos !

En mars, c’est Sinji qui nous a donné du souci. Ça a commencé par une boiterie sévère, que ni le repos ni le passage de l’ostéo n’ont permis de traiter. Alors ma géniale vétérinaire spécialiste locomoteur est repassée. Verdict, après bilan & radios : arthrose. Une fois encore. Il n’y a quasiment plus de cartilage entre les deux premières phalanges, c’est enflammé, douloureux. Repos définitif.

Fin mars 2017, bilan pour Sinji : arthrose sévère.

Les os finiront par se souder, et il n’aura plus mal. Il cessera de boiter. Il sera même montable pour de petits tours – ça ne sera sûrement pas le plus beau des chevaux dans ses allures, mais ça ira. En attendant il est en pleine forme, gras comme un loukoum dans son pré, toujours content de nous voir et de se laisser câliner.

J’ai pleuré, pour Sinji. Pour Simbad j’avais serré les dents, mais pour Sinji, c’était différent. Je me suis noyée dans sa crinière. Il n’a pas bougé, stoïque comme à son habitude, en attendant que je me calme.

Depuis, on fait quelques balades à pied, et on a fait quelques séances de travail à pied aussi. Je n’excelle clairement pas là-dedans, je n’ai jamais appris, mais lui, lui… comme d’habitude, il sait tout faire, il comprend tout, et a assez de patience et de gentillesse pour me donner l’illusion que je demande presque comme il faut.

La semaine dernière, je l’ai pris à pied pour un tour et sur une inspiration soudaine, parce qu’il me poussait du nez pour que j’aille plus vite, je lui ai grimpé sur le dos. Qu’il a toujours aussi confortable. Et on a juste marché. Visiblement mon poids de crevette ne le gêne pas, alors je me suis autorisée ce plaisir. Il n’était pas sorti seul depuis février, alors il a hennit, il a soufflé, parce que je n’étais plus devant pour le guider. Mais il a fait ses 4 petits km d’un bon pas, sans craindre les cailloux ni le terrain défoncé. Il s’est comporté comme un chef.

D’ici peu, ils reviendront passer l’été à la maison. Je pourrais ouvrir mes fenêtres et les appeler, on ira bouquiner dans la forêt à l’ombre, et galérer à leur monter de l’eau jusqu’en haut du pré. On ira faire des petits tours dans la vallée, ou jusque sur la plage. Et je serais reconnaissante pour tout ça.

Ils n’ont jamais l’air trop malheureux, à la maison.

Je serais reconnaissante en tant que propriétaire. En tant que cavalière, je serais frustrée. Je le sais, et je sais le reconnaître.

Ces deux-là m’ont donné envie de plus d’équitation, de plus de sport. En tant que chevaux, ils m’apportent tout ce dont j’ai besoin et plus encore. Mais ils m’ont donné le goût d’un peu plus, de recommencer à sauter, d’apprendre à me tenir correctement en selle, de faire des stages pour toucher à plus de disciplines. Et même à l’autre cavalier-baladeur, qui suit le CSO et a envie d’essayer le horse-ball.

Si j’avais quelques hectares de plus… il y aurait deux arthrosés magnifiques qui veilleraient comme de vieux loups de mer sur un troupeau de chouettes chevaux, et mèneraient leur groupe en bons capitaines qu’ils sont.

Ce n’est pas le cas, mais souvent, je rêve un peu.

Saloperie d’arthrose.

2 Comments

  1. Pingback: Cheval de loisirs, cheval touche-à-tout ! » Les Musards

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