La Catalogne à cheval : de Peralada à El Port de la Selva

Au 4ème et avant-dernier jour de ce trek à cheval en Catalogne, nous quittons les plaines et Peralada pour la Méditerranée… A nous les cactus, les buissons secs, la terre rouge et les grimpettes vue mer côté Serra de Rodes ! Les chevaux sont toujours aussi motivés, et la matinée va filer comme le vent, direction la mer, la côte, le vent, le soleil…

"Allez viens, j't'emmène..." Queen retournerait bien vers ses montagnes - et moi avec !
“Allez viens, j’t’emmène…” Queen retournerait bien vers ses montagnes – et moi avec !

Randonnée en Catalogne, jour 4 : cactus, raisins & chênes liège

On bourre un peu pour dégager de Peralada : le coin est assez urbanisé, et les pistes donnent envie de galoper fort. Ça tombe bien les chevaux ont du jus à revendre ; il ne fait pas trop chaud encore. Nous quittons le coin sans trop de regret, et avons très hâte de voir la mer.

Au bout de quelques kilomètres, le paysage nous plait davantage. Il sent bon la Méditerranée… et les fruits. Je vais avoir l’occasion de goûter à celui du cactus.

"Ne te fais pas avoir malheureuse !"
“Ne te fais pas avoir malheureuse !”

Si jamais on vous le propose, sachez que c’est probablement un truc pour se moquer des touristes. Parce que déjà couper le fruit en deux avec un couteau sur une hispano-arabe, c’est un peu coton ; et ensuite, ça PIQUE. Et de manière très désagréable en prime : ce sont de tous petits piquants souples, qui se foutent partout. Sur les doigts, dans les mains, SUR LES LÈVRES. Alors c’est pas mauvais hein, mais j’ai eu l’impression de ressembler à un hérisson pendant 1h, et j’étais ravie d’avoir une Queen très calme, parce que tenir les rênes ajustées avec des mains hérissées de piquants c’est pas génial.

Thibaut a eu de la chance, lui, il a eu du raisin… On voit les chouchous…

Et bientôt… la Méditerranée !

La piste commence à grimper vers une très jolie vue sur la baie de Roses. Enfin, la baie est jolie ; la vielle elle semble entièrement tournée vers le tourisme, et l’architecture avec elle, vue d’en haut. Nous, nous allons un peu plus loin…

Et le paysage devient très plaisant, les vignes cèdent la place à une végétation plus sauvage, épineux, chênes-liège et collines retenues à grand peine par des murets de pierres. Je respire ; et ça sent plutôt bon, un mélange entre la terre qui sèche, les pierres qui se réchauffent, les arbres et le vent qui apporte un peu de l’air de la mer.

On prend son temps pour négocier des passages parfois un peu délicats, comme ici où va falloir négocier entre le ravin à gauche, et un roc qui dépasse à droite… sans tomber, ni érafler toute la selle !

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Un peu de patience…

Moins haut que les Pyrénées, mais aussi impressionnant !
Moins haut que les Pyrénées, mais aussi impressionnant !

Et voilà… La mer. La Méditerranée, côté catalan  – sauf que vous ne la verrez pas sur ce cliché ! Mais voilà une photo de nos mines réjouies.

Ouiiii !
Ouiiii !

Il fait frais en haut, avec le vent et quelques nuages qui se battent sur la ligne de côte. Mais la route est belle… en voiture, mais à cheval aussi !

Pause déjeuner au-dessus de Roses

Les estomacs gargouillent, après plus de 3h à cheval et 17 km parcourus. Il est temps de faire une pause, après avoir admiré la vue bien entendu :

La vue, la vue ! Bon, c'est construit.
La vue, la vue ! Bon, c’est construit.
La vue, la vue ! (...) Queen s'en fout elle a les crocs.
La vue, la vue ! (…) Queen s’en fout elle a les crocs. Ce qui ne rassure pas des masses Uma, qui la surveille.

On improvise un barbecue, sous le petit vent des collines méditerranéennes. Les chevaux nous surveillent, très très intéressés par la salade (enfin c’est ce qu’on dit pour se rassurer, en vrai, ils ont levé le nez au mot “barbecue”… ça file les miquettes…)

Très intéressé le Tartu
Très intéressé le Tartu
Hola Guapa! En quelques jours cette petite jument est devenue mon idéal.
Hola Guapa! En quelques jours cette petite jument est devenue mon idéal.

Paysages méditerranéens et vue splendide

Après le café, il est temps de repartir ; de l’autre côté de la colline nous attend El Port de la Selva. On va prendre notre temps pour se trantoler, visiter, traîner, en prendre plein les mirettes. De l’autre côté, c’est la Méditerranée bleue, immense, avec les falaises qui plongent dans la mer, la végétation sèche, les collines rocailleuses.

Le Capitaine & Tartu !
Le Capitaine & Tartu !

Cette fois c’est notre douce interprète qui prend les commandes, pendant que notre guide va récupérer le camion qui ramènera les chevaux demain. Mais pour l’instant, on essaye fort de ne pas y penser, et on profite du paysage à une lenteur d’escargot. Ça change.

Au passage nous découvrons l’église Santa Cecelia, où des bénévoles s’activent ; le lieu est aussi un chantier de fouilles archéologiques, nous explique une dame dans un anglais parfait et chantant. On se régale les mirettes, et moi je puise – déjà – plein de souvenirs entre les deux oreilles de Queen, apaisée et calme.

A ce moment-là, je sens déjà poindre la nostalgie.
A ce moment-là, je sens déjà poindre la nostalgie.

La route sinueuse qui descend vers la baie se dessine. On va descendre nous aussi, par… des escaliers, pour rejoindre le monastère de Sant Pere de Rodes. Et faire plaisir aux touristes, ravis de poser avec les chevaux. Finalement ici aussi on va finir sur des photos de vacances d’inconnus.

Sur les hauteurs de la Méditerranée

Après 2 km à admirer la vue, nous faisons une pause… et oui, déjà ! Pour admirer le monastère. Un petit groupe va le visiter, mais en bons randonneurs curieux que nous sommes, Thibaut et moi décidons de nous flinguer définitivement les cuissots en grimpant sur le sentier de randonnée qui mène aux ruines d’un village perché, tout en haut, et d’où on peut admirer une vue magnifique sur le monastère, l’église, la baie d’El Port de la Selva, la route à lacets, la frontière avec la France… et la Méditerranée bien entendu.

Panorama en haut du monastère et de la baie
Panorama en haut du monastère et de la baie

La vue est à couper le souffle – littéralement, puisque je vais m’arrêter 30 mètres avant les ruines, avec une soif de tous les diables. Thibaut persiste et nous ramène de jolies photos de tout en haut !

On boit 2 L de flotte en redescendant sous les yeux ébahis de nos compagnons de route, puis on repart, qui à cheval qui à pied, avant d’avoir la surprise de retrouver notre guide au milieu des virages. Le camion est arrivé ! En attendant nous continuons à descendre. J’apprends un truc à Queen : si je fais ce geste, tu as le droit de brouter en marchant. Elle pige hyper vite – c’est dans son intérêt – et ne tire pas, n’abuse pas. C’est vraiment une jument adorable & vive, malgré ses bananes en arrière.

Nous arrivons sous un ciel gris à El Port de la Selva, où nous emmenons les chevaux sur la plage et dans la mer pour se rafraîchir et délasser les pattes.

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Pas de photo dans l’eau, étrangement ! Je passe un moment avec Queen pour l’obliger à y aller, après tous ses sketchs dans la rivière. Et soudain j’entends la voix de ma monitrice, “Relâche la pression ! Laisse-la y aller !” que je n’avais jamais réellement compris jusqu’à présent. Là ça fait tilt, j’utilise mes jambes, je fais un couloir avec mes rênes et je l’emmène… en douceur.

Tellement bien que je noie mes sacoches, mes chaussures de rando, mes chaps… et la batterie de secours de mon iPhone. Oups. Mais je suis contente : Queen, avec son tempérament de feu et ses allures relevées, qui n’hésite pas à se défendre quand elle ne comprend pas ce que je demande, m’a fait percuter un truc hyper important, et le ressentir vraiment. Alors ça vaut bien une trempette – et la batterie survivra en prime !

Avec nos chaps, nos sacoches, nos airs fatigués et pour certaines nos casques sur la tête, nous faisons sensation dans la station balnéaire…
Après avoir débarrassé les chevaux de leur matériel, nous les quittons pour la nuit et profitons d’une soirée très touristes à El Port de la Selva.

Demain, ce sera déjà la dernière journée, pleine d’émotions, de paysages méditerranéens encore, et déjà un gros pincement au cœur à l’idée de quitter ces gens, ce pays, et ces chevaux. J’essaye de ne pas y penser, mais…

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