La Catalogne à cheval : d’Albanyà à Peralada

Le 3ème jour de notre trek à cheval en Catalogne commence sous la bruine et le ciel gris ; les Pyrénées se cachent discrètement dans la brume et l’air humide envahit la plaine. Nous disons au revoir à la montagne avec un pincement au cœur, mais cette journée va se révéler riche… en sensations ! Avec un rythme soutenu : 38 km à parcourir dans la journée, surtout le matin, et à fond les ballons l’après-midi…

L’au-revoir aux Pyrénées

On baisse les manches, en quittant Albanyà : l’air est humide après l’orage qui a tonné toute la nuit. Les catalans sont un peu déboussolés, mais nous, après la chaleur des derniers jours, ça nous fait un peu de bien… avouons-le ! Les Pyrénées font leurs timides ; les bancs de brumes dans lesquels elles se drapent nous narguent un peu. La montagne sous un ciel gris et bas, c’est magnifique aussi… peut-être une prochaine fois ?

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Cette fois ça y est, nous quittons l’Alta Garrotxa, direction la civilisation… et les plaines autour de Figueres. Les chevaux sont prêts, les cavaliers aussi – à peu près, du moins !

J’apprends que Queen a fait l’imbécile à l’attache, comme d’habitude ; elle est ronchon, et a une coupure sur un des naseaux. Elle est crasseuse aussi, puisqu’elle s’est vautrée avec le matos sur le dos. Je ne l’embête pas, mais je me moque un peu. Quel numéro…

Nous commençons doucement, par les vallées, en traversant des ponts et des villages… La végétation change peu à peu.

Ce sera l’occasion de faire les imbéciles dans un champ, avec… un petit brin de course ! Et là, nous sommes autorisés à dépasser Gallop… Quand je sens le moment, je lâche Queen, et je me prends le taquet de ma vie. Si je m’y attendais, ça n’empêche pas… j’ai le sourire jusqu’aux oreilles ! Car Queen est une véritable pro du horse ball, trajectoires comprises : on se fait un magnifique slalom plein cul pour dépasser tout le monde. Malheureusement sans aller trop loin, car en vérifiant où en sont les autres (j’aime la vitesse, d’accord, mais j’ai un côté prudent) je m’aperçois que Xavi notre guide a… perdu son filet. Le hackamore a pété, il retient Gallop sans rênes grâce au licol. Jolie perf.

Plaines & sécheresse

A partir de là, tenir les chevaux va s’avérer assez compliqué : les trottinements deviennent infernaux. Nos “sangs chauds” bouillonnent, et l’impatience les ronge… Si le matin, j’étais contente d’avoir trouvé les boutons pour avoir une jument décontractée, et qui justement ne trottine plus, là… c’est fichu. A nous le tape-cul ibérique ! (confortable, cela dit)

Nous continuons notre remontée de la Catalogne à cheval en longeant un immense lac artificiel, dont les bords asséchés nous rappellent ce que nous savons déjà : la pluie manque ici, cruellement. Il y a quelques années encore, il suffisait de faire quelques pas pour plonger dans l’eau, désormais, il faudrait dévaler une pente raide et rocailleuse, où la végétation ne se décide même pas à pousser.

Quelques galops épiques émaillent notre parcours…

Puis nous redescendons le long de l’eau, en passant par une zone où tout a brûlé il y a 3 ans. L’endroit est particulier, le vent est fort, et les troncs calcinés rappellent l’incendie. C’est plutôt joli…

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Catalogne à cheval, Catalogne pleine balle

La pause déjeuner est bienvenue après plus de 4h en selle, et 23 km parcourus. Nous profitons d’un chouette pique-nique au bord de l’eau, grâce à l’assistance – de quoi nous rassasier, nous abreuver – je pense qu’on aura plus bu pendant ce trek que pendant nos apéros bretons – et avaler un café pour nous rebooster avant d’entamer la suite du parcours.

Pendant ce temps, Tartu essaye désespérément de manger, Uma est curieuse de tout et comme à son habitude Queen fait une petite sieste… La dame connait bien les étapes, et dès qu’elle peut, elle se met en veille pour mieux économiser son énergie pour la suite. Qui promet !

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Histoire de rafraîchir et réveiller tout ce petit monde, petite pause dans la rivière !

Deuxième tentative dans la flotte, Queen fait l’imbécile, tape, etc. Cette fois je me fâche, et elle finit par rentrer. Quel grognon personnage ! Je l’adore, définitivement. Même si je suis un peu mouillée.

L’après-midi va défiler à la vitesse de la lumière. Et pour cause : nous traversons des plaines agricoles, sans grand intérêt, sur des pistes assez larges qui vont nous permettent de bien, bien galoper… et longtemps. En faisant attention aux cailloux qui volent !

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Notre interprète s’est fait très mal au dos la veille, elle nous abandonne donc pour l’après-midi. Et c’est notre guide qui prend sa monture en dextre pour près de 2h et 15 km de course folle.

Si les paysages ne me plaisent pas plus que ça, je me régale avec une Queen à fond les ballons qui décide de rester devant tant qu’elle peut. Sans jamais s’économiser. Son pas n’est pas le plus rapide de la bande – c’est même le plus lent, en fait… – son trot lui est franchement pas mal, et ses galops peuvent être épiques. Juste derrière, ou parfois devant si on lui laisse le champ libre, Tartu le fou se donne aussi sans compter, malgré son enrênement improvisé. Ça nous change de nos “gros”… on peut le dire !

Nous arrivons assez tôt à Peralada, et avons le plaisir de nourrir les chevaux qui se jettent sur leurs seaux, et se roulent partout avec un bonheur évident.

Peralada est un village touristique, avec un charme potentiel mais très peu de vie. Nous sommes pourtant en septembre, mais les rares touristes errent désœuvrés dans les ruelles. Nous profitons surtout du gîte, avec des hôtes fort sympathiques et une très jolie vue !

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Le soir les rues s’animent un peu, et nous dînons dans un endroit plutôt peuplé avec une super ambiance. Puis nous découvrons… le casino, hébergé dans l’ancien château de la ville. Tout un monde… Le champagne, impossible à refuser, aura raison de mon estomac, qui déclare forfait de façon assez lamentable. Mais je ne serais visiblement pas la seule, vu les têtes au petit déjeuner. Une nuit un peu agitée, et hâte de repartir le lendemain pour une nouvelle étape à travers la Catalogne à cheval… vers la Méditerranée !

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