Une vilaine baisse de forme

Simbad a toujours été un tank. Mon petit tank maison, celui qui passe partout et s’accommode de tout, des nouveaux copains, des nouveaux exercices, des nouveaux chemins. C’est le copain cool, qui ne galope jamais comme un fou même dans son pré, ne tape pas, ne mord pas, reste toujours d’une humeur égale, à la santé de fer. Un roc, avec ses avantages et ses inconvénients, l’immobilisme faisant partie de ses compétences innées.

Pourtant depuis la semaine dernière, il me donne quelques angoisses.

En mai, il était bien ; en juin, il était creux de la cuisse. J’ai mis ça sur le compte du manque d’exercice, et surtout, d’engagement. C’est là qu’on a commencé à travailler un peu plus les transitions en balade. Simbad a toujours manqué de muscle, en s’économisant en permanence ; malgré nos 4 ou 5 sorties hebdomadaires, en terrain varié, avec dénivelé, son dos n’est pas suffisamment musclé. Et ses fesses non plus, même s’il a toujours un joli petit cul.

Quel crâneur !
Quel crâneur !

 

La semaine dernière, mercredi, je le trouvais un peu flagada. Jeudi, au passage de l’ostéo, on l’avait trouvé un peu trop creux, on commençait à voir les côtes. Samedi, panique : Simbad est complètement creux des hanches, les côtes sont visibles. Le soir, il ne mange pas sa ration, et il broute à toutes petites bouchées. Je prends la température, rien. Il est toujours mignon, il ronronne toujours en me voyant, il mange et boit, son ventre gargouille, mais il semble un peu abattu. Il se traîne mollement dans son bout de pré, l’air un peu ailleurs.

Amaigrissement rapide en quelques jours, le mardi à la visite véto
Amaigrissement rapide en quelques jours, le mardi à la visite véto

 

Je les change de pré, j’augmente la ration de foin, j’enlève l’ail dans la gamelle du soir… Mais le weekend passe sans beaucoup d’amélioration, alors la vétérinaire passe mardi. Rien de particulier à part cette perte de poids, on suspecte un vermifuge même s’il a été fait en avril, alors copro – et tant qu’à faire, puisqu’il n’a jamais vraiment transformé son gras en muscle, bilan sanguin. J’attends toujours les résultats, alors pendant ce temps je le dope – herbe toute la journée. Il se remplit un peu plus, il me semble plus allant – il fait plus frais aussi.

Je lui ai fichu la paix, je l’ai simplement pris hier, vu qu’il a l’air un peu mieux, pour une jolie balade au pas et avec un peu de trot. Il était bien, allant, content de sortir. Un peu plus fatigué en rentrant que d’habitude, cela dit, et pourtant 9 km ce n’est pas grand chose pour lui d’habitude. Il n’était pas essoufflé, mais je regardais sa bouille et il commençait à avoir envie de rentrer, sur les deux derniers km. Sur tout le reste du parcours, c’était lui, et plus plus réactif que d’habitude à vrai dire.

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Une jolie balade à deux, ça m’avait manqué…

 

J’attends les résultats du bilan de santé, je surveille le téléphone, je ne regarde que lui dans son pré, en me demandant ce que j’ai oublié, ce que je n’ai pas fait, ce qui m’a échappé. Le premier printemps, il m’avait bien montré que quelque chose n’allait pas ; l’ostéo l’avait débloqué, ce n’était pas grand chose, on avait pas traîné. Mais là ? En deux ans, c’est la première fois qu’il m’inquiète autant. Je me sens stupide – ce n’est pourtant pas grand chose, a priori, mais zut, quelle en est la raison ? Je culpabilise en tournant en rond.

Mon petit roc au milieu du champ, le moral dans les chaussettes et un caillou au bout de mes bottes.

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