Un 14 juillet… à cheval, sous le feu d’artifice

Il m’arrive parfois d’avoir quelques idées étranges. Comme aller voir le feu d’artifice du 14 juillet, tiré depuis la plage, à cheval. Pourquoi ne pas partager ce moment plutôt festifs avec nos poneys, après tout ?

Il parait que les chevaux ne sont pas vraiment fans de pétards, de musique forte et d’explosions. Mais nos tanks, eux, n’ont déjà pas peur du feu, alors une petite ambiance guerrière, ça ne peut pas sérieusement impressionner nos destriers…

13 juillet, 21h30, on s’équipe tranquillement. Au menu pas de chichis, on y va comme des hippies. Les chevaux sont toujours pieds nus, parce que ce sera frais dans le sable ; on y va à cru, et en side-pull, parce qu’ils pourront nous communiquer leur chaleur dans la fraîche nuit estivale bretonne. On a bien fait, d’ailleurs, parce que la marée est basse et le vent se lève. On oublie pas sa lampe torche et son casque, et aussi les guêtres réfléchissantes et le ruban de queue fluo lui aussi. Il fait encore jour, et le ciel est rose, bleu, mauve.

Une sortie en soirée ? Pas perturbés, les copains.
Une sortie en soirée ? Pas perturbés, les copains.

C’est la première sortie nocturne du cavalier brun ! Pour moi ce n’est pas une première, l’hiver, j’aime aller muser quand il fait nuit, pour le calme, la communion avec le cheval et la nature, et le plaisir de se faire un peu peur avec les ombres de la lampe frontale dans les bois, aussi.

On grimpe et hop, on prend la route au-dessus de la plage. Au menu des rodéos de moto, de la musique et une biquette dans le talus ; évidemment Simbad ne calcule rien ni personne, sauf la biquette. On croise les premiers promeneurs, ceux qui n’ont pas été au bal, ceux qui s’installent déjà pour avoir les meilleures places, près de l’église face au feu de joie – qui va les fumer comme des saucissons au démarrage.

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La première pause, c’est en hauteur, pour brouter un peu en attendant la descente aux flambeaux. Mais le ciel est clair encore, alors on patiente, assis sur un banc, pendant que Simbad et Sinji s’en mettent plein les naseaux. On continue un peu plus loin, sur le parking des gens calmes, pour voir le feu être allumé de loin – et continuer à brouter pour les deux gourmands, qui sont plutôt contents de leur sortie jusqu’à présent.

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Enfin, les premières notes et les premières fusées s’élèvent dans le ciel, au-dessus de l’église. Au premier claquement, Sinji lève la tête ; Simbad lui ne décroche pas de son herbe. On se dépêche de grimper sur leur dos et on traverse la route, pour rejoindre la plage. Ça perturbe un peu les promeneurs qui ne nous ont pas vu arriver, pieds nus oblige. Je manque même de me faire percuter par un gamin qui court en regardant ses pieds – son air hébété face au thorax de Simbad vaut son pesant de popcorn (que j’ai oublié de prendre en partant).

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Simbad devant pour rassurer Sinji qui n’en mène pas large, même s’il n’a pas vraiment peur, il s’inquiète un peu des pétards qui résonnent tout le long de la côte. Alors il vient pousser du nez le copain, et puis nos mains. On marche un peu, on se rapproche ; de temps en temps on s’arrête pour profiter du spectacle. Les oreilles bougeottent, ils sont curieux, attentifs, calmes et à l’écoute. Un pur bonheur.

Ce chouette moment un peu unique ne dure pas longtemps, le feu d’artifice n’est pas très fourni cette année. Alors on repart tranquillement, toujours dans le calme, par là d’où nous sommes arrivés. On trottine un peu pour se réchauffer, et on s’amuse des réactions des gens. Que du positif, d’ailleurs : des automobilistes très bienveillants, des commentaires amusants, des compliments.

Il est temps de regagner nos pénates, il est minuit et demi ce 14 juillet, on a eu un peu froid aux mains mais comme d’habitude, nos chevaux nous ont fait un plaisir immense. Parce qu’ils nous font confiance – et parce qu’on a totalement confiance en eux aussi.

Rendez-vous l’année prochaine ?

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